Question 8

Et moi, qu’est-ce que ça change ?

Rien de ce qui précède ne vous demande de payer quoi que ce soit demain. Mais la dette passe par votre vie de plusieurs façons : par les impôts qui paient ses intérêts, par les taux auxquels vous empruntez, par les services publics qu’elle finance ou contraint. Voici des ordres de grandeur, calculés à partir des chiffres officiels, pour votre foyer.

Votre foyer

À l’échelle de chez vous

Si la dette est partagée entre tous les habitants, votre foyer porte—
Si elle n’est partagée qu’entre les personnes en emploi—
Intérêts payés en 2025, à l’échelle de votre foyer—payés par l’impôt et par de nouveaux emprunts
Hausse de la dette sur un an, à votre échelle—
Pour l’État, un point de taux en plus, c’est en 203018,8 Md€d’intérêts supplémentaires par an (modèle du simulateur, hypothèses par défaut)

Ces chiffres sont des divisions et des règles de trois sur des données officielles. Ils ne tiennent pas compte de vos impôts réels ni de votre situation, et ne sont pas un conseil financier.

Par où ça passe

Quatre endroits où la dette touche votre vie

Vos emprunts

Les banques prêtent aux ménages à un taux qui suit, avec retard, celui auquel l’État emprunte. Le taux à 10 ans de la France est à 4,00 % (août 2026) ; il était à -0,34 % en août 2019.

Vos impôts

Sur chaque 100 € de recettes publiques, 4,27 € servent à payer les intérêts de la dette en 2025. C’est de l’argent collecté qui ne finance aucun service.

Les services publics

Stabiliser la dette aux taux et à la croissance d’aujourd’hui demanderait un effort de 113 Md€ par an, entre économies et recettes. Pour comparer : la défense coûte 54 Md€ et l’éducation 149 Md€ (2024).

Votre épargne

Les ménages français épargnent 17,4 % de leur revenu, parmi les taux les plus élevés d’Europe. Une partie de cette épargne, via l’assurance-vie, les banques et les fonds, est prêtée à l’État : la dette publique est aussi un placement des Français.

Votre épargne

Ce que 100 € sont devenus

La dette de l’État est aussi un placement : beaucoup de Français en détiennent sans le savoir, dans le fonds en euros de leur assurance-vie. Pour juger ce placement, il faut le comparer à autre chose sur une longue période. Voici 100 € placés une année donnée et suivis jusqu’à fin 2025, en euros courants, selon six façons de les garder.

100 € placés en

De 1990 à 2025, il faut 179 € pour acheter ce que 100 € achetaient. Les actions américaines, les actions françaises, l’or, les obligations et le Livret A ont fait mieux que les prix.

100 €200 €500 €1 000 €2 000 €5 000 €
100 € gardés en billets
19902000201020202025
  • Actions américaines (S&P 500)
  • Actions françaises (CAC 40)
  • Or
  • Obligations de l’État
  • Livret A
  • Les prix (ce qu’il faut pour acheter la même chose)

Échelle logarithmique : un même écart vertical représente la même multiplication, de 100 à 200 € comme de 1 000 à 2 000 €.

PlacementFin 2025En pouvoir d’achat de 1990
Actions américaines (S&P 500)500 grandes entreprises cotées aux États-Unis, dividendes réinvestis, convertis en euros4 421 €2 465 €
Actions françaises (CAC 40)40 grandes entreprises cotées à Paris, dividendes bruts réinvestis (indice CAC 40 GR)1 588 €885 €
OrOr, au cours en francs puis en euros954 €532 €
Obligations de l’ÉtatObligations de l’État à 10 ans, gardées jusqu’au remboursement, intérêts réinvestis542 €302 €
Livret ALivret A, intérêts capitalisés231 €129 €
Billets gardés dans un tiroir100 €56 €
Les prixCe que coûte en fin de période ce que 100 € achetaient au départ179 €—

La dernière colonne enlève la hausse des prix : c’est ce que la somme achète, comparé aux 100 € de départ.

De 2000 à 2025, il faut 151 € pour acheter ce que 100 € achetaient. L’or, les actions américaines, les actions françaises, les obligations et le Livret A ont fait mieux que les prix.

50 €100 €200 €500 €1 000 €
100 € gardés en billets
200020052010201520202025
  • Or
  • Actions américaines (S&P 500)
  • Actions françaises (CAC 40)
  • Obligations de l’État
  • Livret A
  • Les prix (ce qu’il faut pour acheter la même chose)

Échelle logarithmique : un même écart vertical représente la même multiplication, de 100 à 200 € comme de 1 000 à 2 000 €.

PlacementFin 2025En pouvoir d’achat de 2000
OrOr, au cours en francs puis en euros1 005 €664 €
Actions américaines (S&P 500)500 grandes entreprises cotées aux États-Unis, dividendes réinvestis, convertis en euros622 €411 €
Actions françaises (CAC 40)40 grandes entreprises cotées à Paris, dividendes bruts réinvestis (indice CAC 40 GR)309 €204 €
Obligations de l’ÉtatObligations de l’État à 10 ans, gardées jusqu’au remboursement, intérêts réinvestis227 €150 €
Livret ALivret A, intérêts capitalisés159 €105 €
Billets gardés dans un tiroir100 €66 €
Les prixCe que coûte en fin de période ce que 100 € achetaient au départ151 €—

La dernière colonne enlève la hausse des prix : c’est ce que la somme achète, comparé aux 100 € de départ.

De 2010 à 2025, il faut 128 € pour acheter ce que 100 € achetaient. Les actions américaines, les actions françaises, l’or et les obligations ont fait mieux que les prix ; le Livret A non.

100 €200 €500 €1 000 €
100 € gardés en billets
2010201520202025
  • Actions américaines (S&P 500)
  • Actions françaises (CAC 40)
  • Or
  • Obligations de l’État
  • Livret A
  • Les prix (ce qu’il faut pour acheter la même chose)

Échelle logarithmique : un même écart vertical représente la même multiplication, de 100 à 200 € comme de 1 000 à 2 000 €.

PlacementFin 2025En pouvoir d’achat de 2010
Actions américaines (S&P 500)500 grandes entreprises cotées aux États-Unis, dividendes réinvestis, convertis en euros799 €626 €
Actions françaises (CAC 40)40 grandes entreprises cotées à Paris, dividendes bruts réinvestis (indice CAC 40 GR)350 €274 €
OrOr, au cours en francs puis en euros328 €257 €
Obligations de l’ÉtatObligations de l’État à 10 ans, gardées jusqu’au remboursement, intérêts réinvestis136 €106 €
Livret ALivret A, intérêts capitalisés124 €97 €
Billets gardés dans un tiroir100 €78 €
Les prixCe que coûte en fin de période ce que 100 € achetaient au départ128 €—

La dernière colonne enlève la hausse des prix : c’est ce que la somme achète, comparé aux 100 € de départ.

De 2020 à 2025, il faut 115 € pour acheter ce que 100 € achetaient. Les actions américaines, l’or et les actions françaises ont fait mieux que les prix ; le Livret A et les obligations non.

70 €100 €150 €200 €300 €
100 € gardés en billets
202020212022202320242025
  • Actions américaines (S&P 500)
  • Or
  • Actions françaises (CAC 40)
  • Livret A
  • Obligations de l’État
  • Les prix (ce qu’il faut pour acheter la même chose)

Échelle logarithmique : un même écart vertical représente la même multiplication, de 100 à 200 € comme de 1 000 à 2 000 €.

PlacementFin 2025En pouvoir d’achat de 2020
Actions américaines (S&P 500)500 grandes entreprises cotées aux États-Unis, dividendes réinvestis, convertis en euros203 €176 €
OrOr, au cours en francs puis en euros196 €170 €
Actions françaises (CAC 40)40 grandes entreprises cotées à Paris, dividendes bruts réinvestis (indice CAC 40 GR)171 €148 €
Livret ALivret A, intérêts capitalisés110 €96 €
Obligations de l’ÉtatObligations de l’État à 10 ans, gardées jusqu’au remboursement, intérêts réinvestis101 €87 €
Billets gardés dans un tiroir100 €87 €
Les prixCe que coûte en fin de période ce que 100 € achetaient au départ115 €—

La dernière colonne enlève la hausse des prix : c’est ce que la somme achète, comparé aux 100 € de départ.

De quoi chacun vous protège, et à quoi il vous expose

Ce que ça rapporteCe dont ça protègeCe à quoi ça expose
Actions américainesS&P 500, dividendes réinvestis, en eurosDes dividendes, 2,0 % par an en moyenne depuis 1987, et le prix de revente, en dollars.Comme les actions françaises, et en plus d’une baisse de l’euro : un placement en dollars vaut plus d’euros quand l’euro baisse.Aux mêmes chutes (-32 % en 2002, en euros) et au change dans l’autre sens : quand l’euro monte, la valeur en euros baisse. Acheté fin 2000, l’indice en euros n’a retrouvé son niveau qu’au bout de 13 ans.
Actions françaisesCAC 40, dividendes réinvestisDes dividendes, 3,1 % par an en moyenne depuis 1987 pour le CAC 40, et le prix de revente. Les deux dépendent des bénéfices des entreprises.De l’inflation sur longue période : les entreprises vendent à des prix qui montent avec les autres. Pas à court terme.À des chutes brutales : -40 % en 2008, dividendes compris. À l’attente : acheté fin 2007, l’indice n’a retrouvé son niveau qu’au bout de 7 ans. Aux frais et à l’impôt sur les dividendes et les gains, ignorés ici.
Billetsou compte courantRien.De rien, sinon de l’attente : l’argent est là.À l’inflation en totalité.
Livret AUn taux fixé par l’État, net d’impôt (1,70 % depuis août 2026) ; le capital est garanti et disponible à tout moment.De la perte en euros, et en partie de l’inflation : depuis 2008, la formule du taux en tient compte.À un taux souvent en dessous de l’inflation, comme en 2022 et 2023. Et au plafond de 22 950 € de dépôts.
Obligations de l’Étatet le fonds en euros de l’assurance-vieUn intérêt fixé à l’achat, versé chaque année ; le capital remboursé en euros à l’échéance.De la perte en euros : l’État français a toujours remboursé depuis 1797.À l’inflation, qui ronge un capital fixé en euros. À la hausse des taux si vous vendez avant l’échéance : une obligation à 10 ans achetée en 2021 à 0,0 % valait environ 21 % de moins sur le marché en 2023, les taux étant passés à 3,0 %. Et au risque que ce site décrit : celui d’un État qui emprunte de plus en plus.
OrRien. Pas d’intérêt, pas de dividende : seulement le prix de revente.De la hausse des prix sur très longue période, et des crises de confiance dans les monnaies et les États.À de fortes variations : acheté en 1983, l’or n’a retrouvé son prix en euros qu’au bout de 24 ans. Aux frais de garde et d’assurance, et à l’impôt à la revente.

Le risque commun aux placements en euros

Trois de ces placements, les obligations de l’État, le Livret A et les billets, promettent des euros, pas un pouvoir d’achat. Si l’euro perd de sa valeur, parce que les prix montent ou parce qu’il baisse face aux autres monnaies, ils perdent ensemble, et le fonds en euros de l’assurance-vie avec eux. C’est arrivé deux fois depuis 2010. Entre 2011 et 2015, pendant que la Banque centrale européenne soutenait les États en difficulté, l’euro a perdu 20 % face au dollar sans que les prix bougent. En 2022, les prix ont monté de 5,2 % en un an, la plus forte hausse depuis 1990. Une banque centrale peut toujours aider un État qui emprunte trop en achetant sa dette ; le coût peut alors se reporter sur la monnaie, et sur tous ceux qui en détiennent. L’or et les actions américaines ne partagent pas ce sort, ni en bien ni en mal : ils ont leurs propres risques, décrits plus haut. Ce site ne prédit pas ce que fera l’euro ; il note seulement que la dette publique et l’épargne des Français sont dans la même monnaie.

  • Le passé ne dit pas l’avenir : ces courbes décrivent ce qui s’est produit, pas ce qui se produira.
  • Ce n’est pas une comparaison de placements réels : pas de frais, pas d’impôts (sauf le Livret A, net), pas de fiscalité de l’assurance-vie, pas d’immobilier. Les actions sont représentées par leurs indices, dividendes bruts réinvestis, ce qu’aucun épargnant n’obtient tout à fait : il paie des frais et des impôts sur les dividendes et les gains.
  • Les obligations sont modélisées comme une échelle : chaque année, un dixième de la somme est replacé au taux à 10 ans du moment et gardé jusqu’au remboursement, intérêts réinvestis. C’est proche de ce que rapporte un fonds en euros, avant frais.
  • Moyennes annuelles pour les prix, l’or et les taux ; valeurs de fin d’année pour les actions. Les intérêts sont comptés par année pleine. L’or et le S&P 500 sont convertis au cours en francs jusqu’en 1998, en euros ensuite.
  • Ce site ne recommande aucun placement.

Sources : INSEE (prix, convertisseur franc-euro depuis 1901), Eurostat (taux à 10 ans de l’État, taux de change franc et dollar), Banque mondiale (cours de l’or en dollars), Banque de France et Caisse des Dépôts (taux du Livret A), Euronext (CAC 40 GR, clôtures annuelles), Aswath Damodaran, NYU Stern (rendement annuel du S&P 500 dividendes compris). Dernière année complète : 2025. Or en septembre 2026 : 3 751 € l’once.

Pour décider

Les questions que les chiffres suggèrent de poser

Ce site ne dit pas pour qui voter ni quoi faire de votre argent. Il vous donne de quoi juger une promesse. Devant un programme, un budget ou un candidat :

  1. Sur quels postes porte le plan ? La protection sociale pèse 41 % des dépenses ; un plan qui n’y touche pas doit expliquer où il trouve le reste.
  2. Comment comble-t-il l’écart de 3,8 point de PIB (113 Md€ par an) qui sépare le solde actuel de celui qui stabilise la dette, et en combien d’années ?
  3. Quelle croissance et quels taux suppose-t-il ? Depuis 1998, les programmes envoyés à Bruxelles ont été trop optimistes de 2 points en moyenne à deux ans.
  4. Que se passe-t-il si les taux montent d’un point ? Pour l’État, cela représente 19 Md€ d’intérêts en plus par an dès 2030.
  5. Qui prête, et à quel prix ? Plus de la moitié de la dette de l’État est détenue hors de France ; un plan qui inquiète les prêteurs se paie en taux.
Testez une promesse dans le simulateur →Entrez les économies ou les recettes annoncées, en points de PIB, et regardez où va la dette d’ici 2040.
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