Des crises imprévues
La crise financière de 2008 et le Covid en 2020 ont creusé des déficits qu’aucune prévision n’anticipait.
Question 4
Depuis 1998, chaque gouvernement envoie à Bruxelles une trajectoire pour ses finances publiques. 18 des 27 trajectoires que nous avons rassemblées promettaient de ramener le déficit sous 3 % du PIB à une date précise. Parmi celles dont l’échéance est passée, 5 sur 12 ont été tenues.
Promesses et réalité
La ligne pleine montre le déficit réel. Chaque ligne en pointillé part de l’année où un programme a été présenté et montre la trajectoire promise. 27 trajectoires sur 27 prévoyaient une baisse du déficit.
Les promesses sont jugées sur le premier chiffre publié, au printemps suivant : c’est sur lui que la France était évaluée à l’époque. Les comptes ont été révisés depuis, parfois nettement : pour 2017, le déficit publié en 2018 était de 2,6 % ; il est aujourd’hui de 3,4 %.
Pourquoi ces écarts ?
La crise financière de 2008 et le Covid en 2020 ont creusé des déficits qu’aucune prévision n’anticipait.
Une prévision de déficit repose sur une prévision de croissance : quand l’économie progresse moins vite que prévu, les recettes suivent, et le déficit dérape.
D’un programme à l’autre, la date du retour sous 3 % a été repoussée 6 fois. Le déficit n’est passé sous 3 % que ces années-là : 1998–2001, 2005–2007, 2017–2019.
L’Union européenne a placé la France 3 fois sous « procédure pour déficit excessif » (2003–2007, 2009–2018, depuis 2024).
Prévisions relevées à la main dans les programmes de stabilité, puis dans le plan budgétaire et structurel de moyen terme (2024) et ses rapports d’avancement. De 1998 à 2008, les programmes présentaient deux scénarios de croissance : nous retenons le scénario prudent, celui que le gouvernement utilisait comme référence. Pour les programmes de 1998 et 2000, certaines années proviennent des recommandations de la Commission européenne. Les programmes qui ne donnent qu’une seule année (avril 2020, avril 2026) sont listés mais pas tracés.